La bienveillance c’est …. vouloir le bien de l’autre. Interview par Med-ICS du Dr Philippe Rodet

C’est avec grand plaisir que je vous invite à découvrir cette interview très inspirante sur l’importance de la bienveillance

Philippe Rodet  est un médecin françaisauteur et conférencier français1.

Le management Bienveillant

Ancien médecin urgentiste, il travaille depuis les années 1980 sur les sujets de santé, bien-être et bonheur, notamment dans le cadre du travail.

Il fonde en 2008 le cabinet « Bien-être et Entreprise » pour accompagner des structures de toutes tailles sur ses terrains d’expertises.

Personnalité médiatique, il est depuis plusieurs années régulièrement l’invité de grands médias nationaux pour présenter ses recherches et ses ouvrages4. Il publie en  son neuvième ouvrage : Vous pouvez vivre mieux !.

10 images de questions, d’interrogations et de propositions avec Soigner en Conscience 2017-2018

 » Soigner en Conscience c’est des petites pierres déposées sur le chemin des soignants à prendre si l’on veut….. « 

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Comment le Burn-out s’installe

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John Kabatt-Zin

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« Doing time » : ce qu’on a oublié dans la formation des futurs médecins

Source : journal Le spécialiste  écrit par Giovanni Briganti

L’Université d’Oxford organise chaque année un Colloquium of Medical Education. Ce colloque est destiné à tout professionnel médical, étudiant en médecine ou académique intéressé aux problèmes de la formation des médecins. J’y ai participé en tant que président du CIUM, pour me mettre à jour quant aux défis que la 1ère Université du Shangai Ranking perçoit au niveau des études de médecine, et pouvoir intervenir sur l’une ou l’autre question.

L’édition 2018 a eu lieu ce 26 septembre.

Un intervenant en particulier a été mis à l’honneur, le Professeur Roger Kneebone (Imperial College London).

Ce professeur a un profil atypique : il a été professeur de chirurgie pendant de nombreuses années mais a ensuite décidé de se reconvertir à la médecine générale et focaliser sa recherche sur l’apprentissage des techniques chirurgicales aux médecins en formation. Il cherche et applique souvent des parallélismes avec d’autres métiers manuels (menuisiers, couturières) au niveau des techniques et apprentissage des gestes.

Un concept abordé par le Prof Kneebone m’a particulièrement interpellé.

Il avançait qu’une technique de base de l’apprentissage de la clinique médicale a été abandonnée ces 20 dernières années à cause de la révolution technologique, l’informatisation de la pratique et l’augmentation exponentielle des connaissances médicales : « doing time » (faire son temps).

Faisant référence à l’expression utilisée par les anglophones pour indiquer une période passée en prison, le « doing time » est l’apprentissage des processus cliniques par la répétition d’actes « ennuyants ».

Le prof. Kneebone illustrait son concept avec son expérience comme étudiant en médecine, pendant les années 70, lorsqu’il a fait des prises de sang pendant une semaine. Reconnaissant que la prise de sang peut en principe ne pas être un acte performé par un médecin (surtout au niveau du NHS), il a reconnu que faire des prises de sang 8h par jour pendant 1 semaine lui a permis d’apprendre à accueillir les patients (des étrangers à priori) et à leur parler de façon empathique : l’acte de la prise de sang, comme beaucoup d’autres en médecine, sont des actes qui causent une certaine douleur ; le contact avec le patient permet d’instaurer un lien de confiance nécessaire à la performance de cet acte, et permet à l’étudiant de développer ses compétences non cognitives (soft skills, dont le processus décisionnel et l’empathie).

Suite à ce discours, je me suis questionné sur l’apprentissage au cours des 6 ans de médecine : en discutant avec énormément d’étudiants, je me rends compte que le « doing time » en présence des patients a été fortement diminué, et remplacé par énormément d’actes administratifs. L’étudiant en médecine francophone connait bien les différentes maladies et les différents services des hôpitaux lui font confiance sur plusieurs processus différents lors des patients de routine (anamnèse et examen clinique primaire du patient, écriture primaire du dossier d’entrant, suivi post-opératoire).

« Je me demande en effet, au vu de l’accroissement progressif de la difficulté des examens (secondaire à l’accroissement des connaissances) si, ces 15 dernières années, les étudiants en médecine ont eu une moindre chance de « faire leur temps » avec les patients. »

Cette réflexion est d’autant plus actuelle suite à l’effet sélection de l’examen d’entrée : plusieurs études montrent qu’une sélection à l’entrée favorise les profils « ingénieur » (avec une moindre présence des compétences non cognitives).

« Faire son temps » est plus que nécessaire à une époque où l’intelligence artificielle s’introduit dans la pratique clinique.

Nous allons avoir besoin davantage de médecins avec des compétences non cognitives très développées et redécouvrir la plus-value d’être médecin.

Giovanni Briganti

Journal le spécialiste : l’article

 

Ce qui manque le plus aujourd’hui ….

Jean-Marc Desmet

Jean-Marc Desmet

Médecin néphrologue-interniste. Président de l’ASBL « Soigner en Conscience « . Médecine intégrative. Coach certifié ICI.30 articles

Ce qui manque le plus aujourd’hui, ce n’est pas de la connaissance, c’est de la sagesse dans son utilisation !!

 

Souvenez-vous de cette très belle citation

 

« L’être humain perd sa santé à gagner de l’argent

et par la suite, il perd son argent à se refaire une santé.

Il pense au futur, au point d’oublier le présent,

de sorte qu’il ne vit ni dans le présent, ni dans le futur.

Finalement, il vit comme s’il n’allait jamais mourir

et il meurt comme s’il n’avait jamais vécu… »

Dalaï Lama

Médecine en danger !

Quelle médecine voulons-nous pour demain ?

L’organisation de la médecine a beaucoup évolué au cours de ces dernières années et la situation des médecins n’est plus celle que chacun de nous imagine.

Aujourd’hui, le médecin est pris en étau entre la nécessité de se dépasser pour répondre aux besoins de ses patients et le fait de devoir se justifier en permanence auprès des instances administratives.

L’hyper administration de notre société et la volonté de contrôle des caisses d’assurance maladie détruisent peu à peu la relation particulière entre le patient et son médecin.

Celle-ci devient une relation de  » consommation « , au lieu d’être une relation humaine.

Cette évolution n’est pas sans conséquences pour la population et notre système de santé.

Un choix de société s’offre à nous : voulons-nous une médecine administrative et normée ou une médecine humaine, basée sur une relation privilégiée du patient avec son médecin ?

Ce livre décrit la situation la médecine en France aujourd’hui, et son évolution au cours de la dernière décennie, la dérive de l’organisation des soins à la suite de trop nombreuses lois votées, qui dénotent toutes une méconnaissance du métier de médecin.

A partir de nombreux témoignages de patients et de médecins, cet ouvrage expose les problèmes concrets et quotidiens que rencontrent les médecins dans l’exercice de leur pratique et les conséquences dramatiques que cela a en matière de santé publique.

Enfin, une femme de médecin partage sa descente aux enfers et celle de son mari, médecin généraliste de province, à la suite de graves accusations de la part d’instances publiques et leur impact sur leur vie de famille et sa pratique médicale.

Quand les soignants co-créent avec les patients !!

Chères consoeurs, chers confrères,

Par ces quelques vidéos (la 3 ème est en mode démo mais visible), à la base destinées aux autres membres de notre équipe de dialyse qui ne pouvaient assister aux journées de travail, nous avons souhaité vous montrer le principe de travail réalisé avec Mathieu Noirhomme notre facilitateur en intelligence collective.

Découvrez la proposition ici

 

1 er journée

 

 

 

 

 

2ème journée

 

 

3 ème journée

 

Soutenez 10 femmes qui vont gravir un 4000 mètres

Le dimanche 3 juin une marche familiale est organisée en faveur d’un projet qui consiste à soutenir 10 femmes en rémission complète d’un cancer du sein qui vont se lancer à l’ascencion d’un 4000 mètres.
Leurs objectifs:
  • récupérer une condition physique après une maladie et des traitements éprouvants,
  • démontrer que l’acyivité sportive est une alliée dans la lutte contre le cancer et
  • retrouver un estime de soi.
Pour en savoir plus ou vous inscrire appeler Monique Gauthy au 0468/45.82.10

Comment résoudre une situation difficile du point de vue éthique ?

Comment résoudre une situation difficile du point de vue éthique ?

Découverte de la démarche Girafe avec le Dr Cécile Bolly

 

Chères consoeurs,

Cher confrères,

Nous avons le plaisir de vous proposer en collaboration avec le Dr Hamid Lalaoui et le Dr Olivier Descamps une soirée en compagnie du Dr Cécile Bolly.

Dr Jean-Marc Desmet

Lieu : salle D3 3 ème étage , CHU Marie Curie  140 chaussée de Bruxelle, Lodelinsart ( Charleroi)

Pour se garer

 

L’éthique clinique peut être définie à partir de ses deux composantes :

d’une part la sensibilité à autrui, qui s’exprime dans un faire-face immédiat au moment de la relation de soin,

d’autre part la capacité à répondre de ses choix face à autrui, qui nécessite de mettre en œuvre un discernement dans les situations complexes, dans les dilemmes éthiques.

Pour développer cette ressource, les soignants ont besoin d’outils capables de les aider à structurer leur réflexion, à les guider dans la prise de décision.

Différentes méthodes peuvent être utilisées.

Elles ont toutes comme objectif de susciter un jugement professionnel grâce à un triple mouvement :

  • faire référence à un corpus de connaissances et de pratiques, 
  • être centré sur la situation d’un patient chaque fois singulier,
  • permettre au professionnel de donner du sens à sa pratique.


Permettre de ne pas se focaliser d’emblée sur le contenu de la décision à prendre, mais de construire un processus qui permettra de faire un choix : grâce aux interactions dans l’équipe et donc à une vision plurielle de ce qui fait la complexité, l’outil aide à chercher du sens, à comprendre le souhait d’autonomie d’un patient, à apprendre à nommer les limites auxquelles on se heurte…

Cécile Bolly, médecin et psychothérapeute, chargée de cours en éthique (HERS/UCL)

Manger en pleine conscience avec le Dr Jan Chozen Bays

J’ai le plaisir de vous partager l’information concernant une formation de pleine conscience et alimentation qui pourrait vous intéresser

 

Avec Jan Chozen Bays du 11 au 16 avril 2018 en Belgique (Fr / En) L’Institut Mindfulness et Me Nu collaborent ensemble pour organiser cette année la formation ME-CL 1 (Mindful Eating Conscious Living) pour la première fois en anglais et en français.

 

   

Cette formation offre une approche multidimensionnelle à l’alimentation consciente et vise à encourager les professionnels de la santé (psychiatres, psychologues, thérapeutes, diététiciens et nutritionnistes) à utiliser le cadre Mindful Eating de neuf séances pour créer une approche adaptée aux besoins de leur patientèle.

 

Les formateurs  sont Char Wilkins et Jan Chozen Bays, l’auteur du livre «Mindful eating: Un guide pour redécouvrir une relation saine et joyeuse avec la nourriture».

 

Ils ont mis à jour leur programme professionnel avec les dernières recherches et sont impatients de partager cette nouvelle information avec les professionnels de la santé en Europe.

Quoi ?

Mindful Eating est l’intersection de la pleine conscience, de l’alimentation et de notre relation avec la nourriture.

L’utilisation de ce qui, dans un contexte clinique est un domaine d’étude et de pratique en plein essor dans les domaines de la santé mentale et de la santé.

Notre formation de 5 jours se concentre uniquement sur le concept de Mindful Eating et souligne l’importance de la pratique de la philosophie de la pleine conscience.

Après avoir terminé la formation, les participants seront équipés pour faciliter le programme Mindful Eating dans leur environnement.

Qui?

La formation ME, CL est destinée aux professionnels de la santé au sens large du terme: psychiatres, psychologues, thérapeutes, diététiciens et nutritionnistes. Vous n’avez pas besoin d’être un spécialiste des troubles de l’alimentation.

Où ?

La formation aura lieu au monastère au cœur de l’Europe, dans le centre historique de Gand, dans le rectangle de la Belgique, des Pays-Bas et de l’Allemagne.

Facilement accessible en train, en avion ou en voiture.

Inscription 

Inscription anticipée (avant le 20 janvier 2018) 895 €

Inscription générale (après le 21 janvier 2018) 1075 €

 

Plus d’informations

http://institut-mindfulness.be/mindful-eating-training/

Réflexion sur l’éthique de l’intelligence artificielle

 

 

2 novembre 2017 | Jocelyn Maclure – Président de la Commission de l’éthique en science et en technologie et professeur de philosophie à l’Université LavalActualités en société

Photo: Joel Ryan Invision / Associated Press

Des agents artificiels véritablement intelligents, capables d’apprendre par eux-mêmes, ne poseront-ils pas des risques pour les êtres humains, trop humains, que nous sommes? Des figures connues comme Stephen Hawking et Elon Musk en sont convaincus, souligne l’auteur.

Montréal a réussi à s’imposer comme un centre névralgique du développement de l’intelligence artificielle (IA). Les investissements publics et privés pleuvent sur la métropole. Les approches fondées sur l’orientation générale voulant que l’IA doive autant que possible imiter le fonctionnement de l’esprit humain et arriver à apprendre de façon autonome ont permis des progrès spectaculaires, notamment en ce qui a trait au traitement des langues naturelles, aux véhicules autonomes ou à l’exécution de tâches qui semblent exiger une faculté d’intuition, comme jouer au jeu de go.

 

Mais des agents artificiels véritablement intelligents, capables d’apprendre par eux-mêmes et de se transformer à la lumière de leur compréhension du monde extérieur, ne poseront-ils pas des risques pour les êtres humains, trop humains, que nous sommes ? Des figures connues comme Stephen Hawking et Elon Musk en sont convaincus. Ils s’appuient en outre sur les travaux de chercheurs du Future of Life Institute de l’Université d’Oxford comme Nick Bostrom et Max Tegmark. Ces derniers affirment que les progrès rapides en IA, conjugués à l’augmentation constante de la puissance computationnelle des ordinateurs, pourraient mener à l’émergence de « super-intelligences » artificielles qui poseront un « risque existentiel » pour l’espèce humaine.

 

À ce stade de ma réflexion, rien ne me permet de penser que ces craintes flirtant avec le catastrophisme doivent orienter nos actions relatives à l’IA. Les pronostics des chercheurs de pointe en IA, dont Yoshua Bengio et Joëlle Pineau, sont nettement plus modérés. Ils nous rappellent que les dernières avancées ne permettent pas d’affirmer que nous nous dirigeons vers le développement d’une intelligence artificielle générale plutôt que vers la multiplication d’intelligences artificielles incroyablement efficaces dans l’exécution de tâches spécifiques, comme reconnaître un visage ou jouer au jeu de go.

 

Et je ne parle pas de la question de savoir si des IA pourraient ressentir des émotions et acquérir une conscience de soi analogue à celle des êtres humains. Ces perspectives relèvent, jusqu’à preuve du contraire, de la science-fiction. On peut appeler des algorithmes interconnectés des « réseaux de neurones artificiels » si l’on veut, mais nous avons affaire à des machines capables de traiter des informations en grande quantité et de monter ensuite en généralité.

 

Des risques éthiques

 

Un des effets pervers des visions sensationnalistes de l’IA — pensons à l’attribution de la citoyenneté saoudienne à un robot — est que celles-ci peuvent nous faire perdre de vue les authentiques enjeux éthiques soulevés par les récents développements. L’IA modifiera nos modes de vie, y compris le monde du travail. Toute réflexion éthique sur l’IA doit reconnaître que les bénéfices seront vraisemblablement majeurs. Les accidents de la route seront beaucoup moins nombreux lorsque des véhicules autonomes rouleront sur nos routes. Des tumeurs cancéreuses seront diagnostiquées plus rapidement. L’IA pourrait contribuer à rendre le système de justice plus accessible.

 

Cela dit, les risques éthiques inhérents à l’IA sont aussi majeurs. Étant donné l’opacité des algorithmes et la quantité d’information qu’ils traitent, qui sera responsable des mauvaises décisions prises par des systèmes d’IA et des inévitables défaillances ? Comment se prémunir contre les cyberattaques visant des infrastructures névralgiques qui miseront sur l’IA, comme le réseau électrique ou les hôpitaux ? Comment appliquer le principe de diligence raisonnable, en vertu duquel les producteurs de technologies doivent prendre des mesures d’atténuation des risques inhérents à l’utilisation de leurs produits, lorsque l’on sait qu’il peut être impossible pour le concepteur de retrouver le chemin pris par un algorithme pour arriver à une décision ?

 

Les progrès en IA reposent lourdement sur l’accès à des données, y compris nos données personnelles. Sachant que la multiplication des recoupements de données pourtant anonymisées peut permettre l’identification des personnes et que le principe de consentement est vidé de son sens lorsqu’il est question des technologies de l’information, comment assurer la protection de la vie privée ?

 

Et comment neutraliser les biais discriminatoires dans les données traitées par l’algorithme ou dans la vision du monde de l’ingénieur qui supervise la machine ?

 

Naissance de nouveaux métiers

 

Enfin, certains pensent que l’IA engendrera une « quatrième révolution industrielle ». Des tâches présentement accomplies par des humains le seront à l’avenir par des machines, et le travail d’un grand nombre de travailleurs sera transformé par l’IA. De nouveaux métiers naîtront.

 

Cette transformation fera des gagnants et des perdants. Elle exige dès maintenant une réflexion sur nos politiques sociales, fiscales et éducatives. Doit-on « taxer les robots » ? Le recours à l’IA parviendra-t-il à convaincre les législateurs d’instaurer une allocation universelle qui remplacerait les mesures actuelles de soutien du revenu ? C’est sur ces questions que planche, dans un premier temps, la Commission de l’éthique en science et en technologie. Il serait déplorable que l’IA ait pour effet d’accroître les inégalités socioéconomiques existantes.

 

Heureusement, les acteurs de l’IA sont, de façon générale, sensibles à ces questionnements. Une volonté s’affirme même pour que Montréal soit à l’avant-garde de la réflexion éthique sur l’IA. Un forum sur l’« intelligence artificielle responsable »aura lieu cette semaine à Montréal. Il est crucial qu’un dialogue entre les chercheurs de différentes disciplines, les industriels, les décideurs et la société civile s’amorce dès maintenant pour que l’on recherche collectivement les moyens d’assurer une atténuation des risques et une distribution juste des avantages de l’IA.

 

Des centaines de chercheurs sont attendus les 2 et 3 novembre au Palais des congrès de Montréal pour le Forum IA responsable, événement organisé par les Fonds de recherche du Québec et l’Université de Montréal.

SOURCE : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/511912/montreal-peut-etre-a-l-avant-garde-de-la-reflexion-ethique-sur-l-intelligence-artificielle

Une chimpanzé en train de mourir est heureuse de revoir Le professeur Van Hoof, primatologue et ami …

Depuis 1972, une équipe de chercheurs observe la vie quotidienne et les comportements d’une colonie de chimpanzés au Burgers’ Zoo d’Arnhem, aux Pays-Bas. Mais en 2016, Mama, une vieille chimpanzé malade de 59 ans et matriarche de la colonie, était sur le point de mourir.

En phase terminale, elle refusait de s’alimenter et de manger.

 

C’est alors que l’équipe du zoo a alors eu l’idée de faire venir le professeur Jan van Hooff, un primatologue néerlandais et co-fondateur de la colonie de chimpanzés avec lequel, il avait tissé des liens profonds avec elle.

 

Comme le montre ces images, lorsqu’il s’est approché d’elle et a commencé à lui parler en la caressant, Mama a tourné la tête pour le regarder et a reconnu l’homme qui s’était occupé d’elle depuis près de 50 ans.

De suite, un sourire de joie est apparu sur son visage et la femelle chimpanzé s’est mise à pousser des cris de joie en tendant un bras pour faire un câlin au professeur Jan van Hooff. Mama est décédée une semaine plus tard après ces retrouvailles émouvantes.

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L’amour médecin

Chère lectrice, cher lecteur, 

Souvent je rencontre des personnes accablées de maladies compliquées, insensibles aux médicaments.

Je m’efforce alors de ne pas minimiser leur douleur, et surtout de ne pas « relativiser ».

Rien de plus facile en effet que d’évoquer la guerre, la pauvreté dans le monde, les famines, les souffrances des autres : « Tu vois, tu n’es pas si malheureux ! »

Sous une apparence d’évidence, cette réponse est ridicule et même un peu méchante.

En effet, qui sommes-nous pour juger de la souffrance des autres ? Même une personne en bonne santé et qui a en apparence « tout pour être heureuse » peut ressentir chaque nuit d’horribles angoisses, être envahie de désespoir le matin au point de ne pas réussir à sortir de son lit, souffrir d’un manque d’amour, de solitude ou, plus profondément encore, d’un abîme dans son âme dont elle ne voit pas le fond. Sans savoir pourquoi, ni les causes profondes de son mal, elle est rongée par la souffrance et c’est une cruauté d’aller lui dire que sa vie n’est pas si dure.

La première chose que j’essaye de faire est vraiment de montrer avec des mots, des gestes, que non seulement je comprends cette douleur mais même que je la ressens moi aussi, au moins en partie.

Ce sentiment vient naturellement car c’est ainsi que nous sommes faits. Même devant la souffrance d’inconnus à la télévision, même dans des films où nous savons pourtant que ce sont des acteurs… notre gorge se noue, nos tripes se tordent, nous avons envie de faire quelque chose face à la douleur.

L’amour qui soigne

Et le miracle, c’est que cette envie procure déjà un soulagement à ceux qui souffrent. Un soulagement, et même parfois une joie et un début de guérison. Oui, je n’hésite pas à parler de miracle car cette chose est incroyable quand on y réfléchit, et pourtant elle nous est tellement familière.

Combien de fois ai-je vu mes enfants se faire mal et réellement souffrir, crier dans un torrent de pleurs. Leur maman accourt, ou moi-même. Nous faisons la grimace, nous poussons des « oh » et des « ah » devant ce genou écorché, l’enfant nous regarde à travers ses larmes, voit que nous souffrons pour lui… et déjà ses cris se changent en sanglots, ses larmes se tarissent… La douleur n’est plus aussi forte, la convalescence va bientôt commencer.

Il serait bien naïf, ou plutôt pessimiste, d’imaginer que la chose ne vaut pas aussi pour les adultes.

Ce n’est pas pour rien que, dès qu’il nous arrive malheur, nous appelons les personnes que nous aimons. Inconsciemment, nous savons que raconter notre malheur permet de partager notre douleur, au sens propre du mot « partager ». Nous « donnons » un petit peu de douleur à chaque personne autour de nous si bien que la nôtre s’atténue et devient plus supportable.

Et le soulagement peut aller très loin : les personnes qui ont connu de grandes épreuves et qui ont la chance d’avoir pu en faire un livre, un documentaire ou un film à succès, faisant ainsi connaître au monde entier leur souffrance, peuvent déclencher tant de compassion qu’elles-mêmes finissent par se réjouir du malheur qui les a affligés mais qui leur apporte tant de chaleur humaine.

C’est la force incroyable de la compassion.

D’où l’importance cruciale de veiller à exprimer autant que nous le pouvons notre compassion auprès des personnes souffrantes. Nous avons là entre nous, souvent sans le savoir, un bien inestimable, un trésor que nous pouvons distribuer à pleines mains, sans que cela ne nous retire quoi que ce soit, bien au contraire.

Ne pas se laisser impressionner par l’indifférence

Bien sûr, nous avons aussi une capacité d’imagination qui nous permet de nous « blinder » face à la douleur. Se blinder consiste à penser à autre chose pour se cacher à soi-même la douleur que l’on a sous les yeux, faire comme si elle n’existait pas. Ainsi par exemple des infirmiers transportant un grand brûlé peuvent-ils parler tout haut de leurs vacances, du dernier film, et même rire aux éclats.

Même si cela peut paraître choquant, il faut comprendre que cette indifférence apparente n’est possible que parce qu’ils font semblant d’ignorer la personne souffrante. S’ils devaient arrêter de parler et regarder « l’homme de douleur » droit dans les yeux, voir ses blessures, lui parler, alors il leur serait impossible de ne pas ressentir dans leur propre chair une partie de ses souffrances.

Les personnes qui travaillent dans les hôpitaux, les centres de soins palliatifs, les pompiers qui gèrent les accidents de la route et les soldats développent tous cette capacité de faire semblant, de s’abstraire (se tirer hors) de la réalité, dans une certaine mesure.

Sadiques et psychopathes

On parle beaucoup des « sadiques » qui prétendument tirent plaisir de la douleur des autres. En réalité, ce « plaisir » n’a rien à voir avec le plaisir vrai que vous éprouvez par exemple blotti dans les bras d’un être aimé devant un beau soleil couchant. Le plaisir du sadique est un plaisir paradoxal, issu de la douleur qu’il s’inflige à lui-même en regardant souffrir les autres.

Reste enfin le cas à part des « psychopathes », qui font les serial-killers. Ce sont des cas très particuliers de malades mentaux, bien identifiés par les psychiatres, à qui il manque une fonction cérébrale naturelle, exactement de la même façon qu’il peut manquer à quelqu’un la vision, la parole ou la mémoire.

Cette fonction qui leur manque est justement celle de la compassion, c’est-à-dire, étymologiquement, la capacité de souffrir avec les autres. Le psychopathe est capable, comme on le voit dans certains films horribles, de se faire un bon repas et de s’amuser franchement alors qu’il a juste à côté de lui une victime torturée. Mais ce n’est pas normal. C’est parce qu’il est malade.

Il faut se rassurer : le fait qu’existent des psychopathes ne prouve rien sur ce que sont les autres hommes. La psychopathie est une anomalie mentale. Elle ne touche que moins de 1% des personnes.

Des expériences scientifiques ont montré que 99% des gens souffrent en voyant quelqu’un d’autre souffrir. Cela a pu être observé grâce à l’IRM, une façon de scanner le cerveau pour observer les parties qui s’activent. On a pu montrer comment des images d’enfants qui souffrent, par exemple, « allument » automatiquement la zone de compassion dans le cerveau de la personne qui observe, déclenchant une souffrance morale.

Conserver notre humanité

Bien entendu, plus nous circulons dans tous les sens, plus nous croisons des masses de personnes que nous ne reverrons jamais, plus nous apprenons à faire semblant qu’elles ne sont pas là et à rester concentré sur nos pensées.

C’est un lieu commun de déplorer l’anonymat des grandes villes, la solitude au milieu de la foule, mais ces plaintes sont infantiles car c’est un phénomène normal. Il est normal de ne pas chercher à s’intéresser à chaque personne quand on frôle chaque jour des milliers de visages. Dans les villages où règne encore une certaine convivialité, les habitants n’ont pas plus de mérite que les citadins. Ils ne sont pas plus humains, généreux ou sensibles. C’est bien sûr parce qu’ils sont moins nombreux et retombent plus souvent sur les mêmes gens qu’ils ont l’occasion de se rencontrer, se parler, se connaître.

Cela n’empêche pas bien sûr qu’il faille nous efforcer d’être souriants, aimables et ouverts dans les grandes villes. Je trouve pour ma part détestable la pratique de se promener partout avec des écouteurs enfoncés dans les oreilles, interdisant aux autres la moindre tentative de communiquer. De même pour les capuchons, foulards, bonnets et mêmes grandes lunettes de soleil opaques visant à se dissimuler la tête ou le visage, qui créent une atmosphère d’indifférence voire de défiance insurmontable, même avec la meilleure volonté du monde.

Mais quoi qu’il arrive, tout cela ne change pas notre nature. Cela ne change rien à cette extraordinaire capacité de compassion que nous avons en nous, qui est une des plus belles manifestations de l’amour.

Faites bon usage de ce trésor,

À votre santé !

La Lettre Santé Nature Innovation par Jean-Marc Dupuis

 

La machine est un homme comme les autres ?

humeur de Luc Perino du 27/09/2017

Depuis longtemps, les diagnostics ne sont plus cliniques, c’est-à-dire résultant directement de l’observation du patient, mais ils sont paracliniques, c’est-à-dire basés sur des examens complémentaires : radiologie, microscopie, biologie, etc.

 

Les patients sont désormais convaincus que les médecins ne peuvent plus faire un diagnostic sans l’aide d’une quelconque machine et les médecins, eux-mêmes, n’ont plus l’impudeur de proposer un diagnostic entièrement « dénudé ». Il faut un scanner pour une migraine évidente et un microscope pour une banale verrue. On ne cesse de chercher des marqueurs de confirmation pour les derniers diagnostics exclusivement cliniques tels que dépression ou tendinite. Car la radiologie, l’anatomo-pathologie ou la génétique sont considérées comme des gages et des labels.

 

C’est oublier que le résultat proposé par une machine est interprété par un homme, et qu’a priori, cet homme n’est pas différent des autres. Il peut être plus pessimiste ou mal réveillé que vous, de plus mauvaise humeur que votre voisin ou plus fatigué que votre médecin.  La variabilité des humeurs, qui fait la richesse de la vie, se traduit par une variabilité des choix et des interprétations. Le téméraire qui voit une tâche rouge se précipite pour manger ce qu’il croit être une cerise, le prudent pense qu’il s’agit d’une braise. De nombreuses études confirment que le diagnostic de cancer au microscope ou sur une radio varie selon l’humeur de l’interprète et ses relations avec le clinicien.

 

Et si l’on pardonne à un clinicien d’avoir « raté » un diagnostic à l’examen clinique, on ne pardonne pas à un anatomo-pathologiste de l’avoir raté au microscope. Ce dernier sera d’autant plus prudent qu’il est en relation avec des cliniciens peu téméraires, l’alarmisme desquels pouvant être cumulé avec celui de leurs patients. Les verdicts diffèrent selon qu’ils sont posés le matin ou le soir, un jour de liesse ou de déprime, selon que le clinicien est un correspondant fidèle, un ami ou un novice. Derrière chaque machine, se cache un homme aussi influençable et faillible que les autres.

Après toutes les escales techniques et subjectives des diagnostics, la précision optimale est celle qui résulte d’un accord parfait entre le sentiment viscéral du clinicien et la conviction intime de son patient. Hélas, la variabilité de cet accord est un multiple de la variabilité de chacun des acteurs. Votre bobo sera une verrue si vous, votre médecin et son anatomopathologiste êtes tous trois optimistes, ce sera un cancer si vous êtes tous trois pessimistes ou fatigués.

 

Dr Luc Perino

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DOI : 10.1016/j.cell.2014.03.004

Wells WA, Carney PA, Eliassen MS, Tosteson AN, Greenberg ER
Statewide study of diagnostic agreement in breast pathology
J Natl Cancer Inst. 1998 Jan 21;90(2):142-5

Interview N°1 : Médecine changement de paradigme

A Soigner en conscience on apprécie rencontrer des personnes qui nous font élargir notre regard voici quelques extraits de l’interview de Marc Luyckx Ghisi en prélude de notre soirée conférence en 2015. Vous trouverez aussi un lien vers l’entretien complet de cet interview. N’oubliez pas de vous abonner à notre chaine youtube pour être tenu au courant de nos autres interviews passées et à venir.

 

 

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L’interview complète sur youtube

Patient Debout : une approche logique et digne 

En décidant de permettre au patient d’arriver au bloc opératoire en marchant, plusieurs établissements hospitaliers ont redéfini la place du patient dans le lieu de soinUne révolution.

Nous avons tous l’image d’Epinal en tête. Celle d’un patient conduit au bloc allongé sur un brancard. C’est pourtant cette habitude si profondément ancrée dans les pratiques que certains hôpitaux nord-américains ont choisi, il y a quelques années, de revisiter en remettant le patient sur ses pieds.

Il y a cinq ans, l’institut de cancérologie Paoli-Calmettes (Marseille) a importé l’idée ; depuis, d’autres hôpitaux ont suivi le mouvement. Désormais, la majeure partie de leurs patients arrive au bloc en marchant. De quoi améliorer leur dignité et leur autonomie.

Côté soignants, la transition n’a pas été neutre : elle a bouleversé les habitudes et redéfinit la logistique du bloc et des services de soins.

De la dignité du patient…

« Etre sur un brancard réduit l’autonomieexplique l’anesthésiste Daniel Francon qui a porté le projet dans le centre marseillaisSans compter qu’ils y perdent une part de leur dignité : ils portent des tenues fendues et se font retirer leurs prothèses au moment de s’installer sur le brancardDésormais, les patients portent des tenues dignes similaires à celle des soignants et peuvent conserver leurs perruques, leurs lunettes ou leurs prothèses auditives jusque dans la salle d’opération ».

Le déroulement est simple : le brancardier va chercher le patient dans son service, puis  marche avec lui jusqu’au salon d’attente du service de chirurgie. « On se tient d’égal à égal, reconnaît Loïc do Carmo, brancardier dans le centre lillois Oscar Lambret qui s’est lancé dans la démarche au printemps 2014. Nous prenons le temps d’accompagner. Sur le chemin du bloc, ils nous confient plus facilement s’ils sont stressés »

Corentin Cozigou, infirmier dans le service de chirurgie ambulatoire de l’Institut Mutualiste Montsouris (IMM, Paris) qui a passé le cap, il y a un an, assure : « si certains patients se montrent surpris, ils disent que c’est beaucoup plus agréable, qu’ils ont moins l’impression d’être malades. Et de notre côté, nous avons le sentiment d’un rapport plus humain et plus adulte».

Arrivé au salon d’attente, le brancardier passe le relais à un aide-soignant après lui avoir transmis toutes les informations utiles. Vient ensuite le temps de l’infirmière de bloc ou de l’infirmière anesthésiste. A Marseille, il n’est pas rare que ce soit le chirurgien qui vienne directement chercher le patient pour l’accompagner à la salle d’intervention.

« Le côtoyer en percevant sa corpulence, sa taille nous donne une autre perception et impose un autre relationnel » explique Anne Nicolsky, infirmière anesthésiste à l’IMM. « Les patients se montrent curieux et posent souvent des questions sur ce qui les entoure » raconte Corinne Cea, cadre de santé IBODE au centre marseillais. En un mot, chacun met de côté le statut de malade, jusqu’à l’arrivée en bloc.

Là, ils s’installent sur la table d’opération et leurs éventuelles prothèses sont retirées. Le déroulement traditionnel de l’intervention peut alors reprendre.

 …à la logistique intrahospitalière

« L’enquête de satisfaction conduite pendant les deux premières années a montré que les patients étaient tous très largement satisfaits » poursuit-elle. Les soignants, eux, « ont vite vu que le bénéfice était réel pour les patients mais aussi pour eux ».

Mais il n’en n’a pas toujours été ainsi. Médicaux et paramédicaux ont émis des réticences ou des craintes qu’il a fallu lever une à une. « Il y a d’abord un saut générationnel et culturel pour quelques médecins», explique l’anesthésiste lilloise Daniele Lefebvre-Kuntz.

Il y a aussi la réticence habituelle face au changement d’habitudes : dans ces trois centres, le projet a été porté par un groupe de travail pluridisciplinaire qui a pu travailler et résoudre ces questions.

Deux points d’achoppement ont notamment dû être réglés : d’abord celui de la prémédication anxiolytique, incompatible avec Patient Debout. L’anesthésiste Olivier Untereiner de l’IMM raconte : « des données récentes de la littérature montrent que cette prémédication n’est pas efficace et complique le réveil, mais les infirmières avaient de fortes réticences, car à leurs yeux, elle était indispensable au patient pour gérer sonstressIl a fallu convaincre pour modifier les pratiques et les protocoles ».

Idem pour les perfusions : « nous avions l’habitude de placer une perfusion préopératoire, explique Guylaine Rossel, cadre de chirurgie ambulatoire à l’IMM. Désormais, nous ne mettons en place que le Cathlon® pour faciliter la mobilité ».

La poche, elle, est posée au bloc. « Cela va dans le sens d’une simplification des pratiques des services de soins,insiste Corinne Cea. Plus besoin de synchroniser la prémédication avec l’heure de l’opération, ni de surveiller le patient dans le délai ».

Certes, « il y a des changements de dernière minute sur la façon dont le patient arrive qui compliquent notre travail » relate Monique Casier, IBODE lilloise. Et « certains infirmiers n’ont toujours pas intégré cette évolution et ne veulent pas aller chercher le patient au salon » reconnaît Anne Nicolsky.

Une évolution actée

Un salon apaisant pour accueillir les personnes, une occlusion suffisante des fenêtres de bloc pour leur éviter de voir ce qui s’y déroule, une organisation permettant d’éviter aussi qu’ils ne croisent un sujet sortant d’opération, une traçabilité des affaires personnelles…

Moyennant ces quelques ajustements, la démarche Patient Debout améliore le flux des patients : « L’information Debout ou En brancard est intégrée dans notre logiciel de suivi du patient dans le parcours opératoireexplique Florence Bochu, cadre IBODE à Oscar Lambret. Nous gérons ainsi mieux l’organisation des flux et notamment le ballet entre brancard et table d’opération ».

En pratique, le choix est toujours laissé au patient, lors de la consultation d’anesthésie. Mais ceux qui préfèrent venir allongés se comptent sur les doigts d’une main et les profils inéligibles (problème de mobilité, patients très douloureux…) sont peu fréquents.

Pour eux, les structures réfléchissent à une solution ou ont d’ores et déjà opté pour le fauteuil, solution intermédiaire, et transposable à la sortie de salle de réveil, dans le but d’une meilleure réhabilitation.

Ce nouveau fonctionnement semble si naturel désormais que de l’aveu des chefs de projets, personne n’imagine un retour en arrière. La transition est globalement réussie et de plus en plus d’établissements se saisissent du projet. Il n’est pas si fréquent de voir un projet neutre en termes financiers, si ce n’est le coût des tenues, se révéler si bénéfique pour les patients !

Caroline Guignot

https://www-actusoins-com.cdn.ampproject.org/c/www.actusoins.com/278249/patient-debout%E2%80%AF-approche-logique-digne.html/amp

Marc Vella : Eloge de la fausse note

Voici 5 courtes vidéos de 2 minutes chacune qui présente le chemin, le travail de rencontre et les messages de Marc Vella. Je vous encourage à découvrir ce langage du coeur.

Avec Soigner en Conscience nous avons déjà eu la chance d’accueillir 2 fois Marc pour des soirées chaque fois inoubliable.

https://youtu.be/nJDmAum9GrM

https://youtu.be/6MoJJNWBrqc

https://youtu.be/Xq1l-KvZd8o

https://youtu.be/p6_gy9pTXVg

https://youtu.be/v7KzGPXo-SU

Le temps à l’hôpital : celui du soignant, celui du patient

par Christine CRABBE1

vers 10 (14-10)

« Quand j’arrive à l’hôpital le matin et que j’apprends qu’on me demande de voir 23 patients, je commence par m’asseoir et par respirer cinq minutes ».

Cette réflexion, mi- facétieuse, mi- profonde, lancée un jour par une de mes collègues, m’a amusée et donné à penser. Bien sûr, les psychologues disposent de ce luxe : ne pas être obligés de répondre dans l’instant, une telle attitude serait déraisonnable dans d’autres contextes . Néanmoins, j’affirme qu’il faut parfois un certain courage pour se distancier, ne fût-ce qu’un peu, du rythme collectif ultra rapide qui fait le quotidien de l’hôpital et que, lorsque l’on s’accorde une légère pause avant de répondre, ce minuscule espace/temps ainsi ménagé peut ouvrir à du nouveau, à de l’inédit.

 

De même que la collègue citée plus haut, je travaille comme psychologue en milieu hospitalier : en pédiatrie et maternité d’une part, en oncologie et soins palliatifs d’autre part. Curieux grand écart à première vue, et pourtant : ces deux espaces de travail, qui touchent à l’alpha et l’oméga de la vie ont au moins ceci en commun qu’il y est presque toujours question de vulnérabilité et de dessaisissement : nus nous naissons, nus nous partirons.

Je ne renie pas ma formation analytique : au contraire, elle fait partie de moi. Mais ma conviction est qu’à l’hôpital, les psychologues ne sont pas là pour faire de la psychothérapie, sauf lorsqu’un patient en particulier nous y invite; et que, même si nos interventions ont quelquefois un effet thérapeutique, elles s’inscrivent parmi d’autres au moins aussi importantes.

 

Un temps pour la présence au patient

 

Lorsqu’ils se retrouvent hospitalisés, les patients, ébranlés par un événement de vie douloureux – maladie grave, accident ou autre -, dépourvus de leurs repères habituels, sont souvent dans un état de grande vulnérabilité : un peu comme si, pour employer une image, il leur manquait une peau, leur enveloppe habituelle de sécurité. Cette vulnérabilité les rend, beaucoup plus qu’en temps ordinaire, perméables à l’attitude de l’Autre. Certains soignants savent cela : soigner, prendre soin, ne se limite pas à poser des actes techniques, les plus remarquables soient-ils ; d’autres par contre l’ignorent, ou refusent de s’en préoccuper.

 

Une dame de mon entourage, enceinte de son dernier à un âge déjà avancé – situation qui, elle le savait, n’était pas sans risques –, était arrivée avec appréhension à son rendez-vous d’échographie morphologique. Elle n’oubliera jamais comment l’échographiste lui détailla, paisiblement et d’un ton chantonnant, presque comme une comptine, chaque partie du corps de son bébé en bonne santé : comme si c’était la tâche la plus importante du monde, comme si c’était la première fois qu’il effectuait un tel recensement.

 

Une patiente venait de subir une mammectomie, dans le contexte que l’on devine. Je la rencontre à l’hôpital de jour lors de sa première chimiothérapie. Elle me raconte alors que le chirurgien était passé dans sa chambre après l’intervention et s’était assis quelques minutes au bord de son lit pour parler avec elle. « Il m’a réparée » dit-elle pudiquement. Et j’ai pu sentir, dans le silence léger qui a suivi, combien c’était vrai.

 

A l’inverse, un couple fut marqué longtemps par l’effet ravageant de l’absence et du silence du gynécologue lorsqu’ils perdirent leur premier enfant en toute fin de grossesse : à aucun moment le praticien ne s’est manifesté à eux, ni le jour-même – il était de garde – ni par la suite.

 

Lorsqu’on est dans un état de grande fragilité physique et/ou psychique, de dénuement tel qu’on en viendrait à avoir honte de soi et à douter de son appartenance à la communauté des humains, toute réaction de l’Autre, quelle qu’elle soit, aura un impact majeur : dans le sens de « recoudre » un peu le narcissisme, par une parole ou un acte finement ajustés; ou au contraire, dans celui d’accentuer encore le sentiment de déréliction.

 

Dans son livre « L’écriture ou la vie »2 , Jorge Semprun raconte, avec son humour goguenard et féroce, que les jeunes soldats américains face auxquels il s’est trouvé le lendemain de la libération du camp de Büchenwald lui avaient « plombé sa première journée de liberté » : frappés de sidération à la vue de ce qu’il était devenu – une espèce de squelette ambulant au regard halluciné -, ils n’ont pu que se réfugier dans un silence gêné et dans la contemplation de leurs bottines. Quelque chose a échoué là, qui aurait pu contribuer à restaurer le lien en humanité ; au lieu de quoi leur silence et leur retrait n’ont fait qu’aggraver la déchirure.

 

Cette situation est bien sûr extrême; mais même dans les situations qui le sont moins, nous avons une responsabilité à cet endroit : celui de la rencontre. Nous ne pouvons jamais savoir d’avance ce que nos paroles, nos actes, voire notre simple présence, produiront chez autrui : l’effet sera parfois moindre qu’espéré, parfois au contraire, bien plus important. Dans le doute, cela vaut la peine… Une brève rencontre de qualité peut avoir une grande valeur, qui s’imposera quelquefois parmi d’autres moments pénibles ou gris.

 

Une patiente devait subir une longue et lourde opération. Le chirurgien avait dit au fils de cette dame qu’il l’appellerait pour lui donner des nouvelles à la fin de l’intervention. La patiente s’était amusée de cela : comment, après tant d’heures de travail et si tard dans la soirée, le médecin allait-il s’en souvenir ? Pourtant, à son grand étonnement, le coup de fil promis fut donné. La dame se souvient de cette marque d’attention, peut-être même davantage que de l’opération elle-même.

 

C’était un jour où il y avait beaucoup de travail dans les services. Un vieil homme que la maladie avait envahi, à bout de forces mais que l’on avait pourtant assis au fauteuil – il n’avait pas encore été considéré comme « palliatif » – s’efforçait de tamponner tant bien que mal un filet continu de sang à ses lèvres. J’ai vu alors arriver vers lui, venant d’une autre unité, une infirmière qui le connaissait bien. Après l’avoir salué chaleureusement, elle l’aida à se réinstaller, lui rafraîchit le visage et lui tendit un bassin réniforme pour les saignements à venir; tout cela en quelques minutes, avant de lui dire au revoir et de repartir vers son travail du jour. Je n’oublierai jamais le regard intensément reconnaissant que lui a lancé cet homme3

 

Bien des philosophes se sont penchés sur la question du temps et sur la manière dont nous, humains, faisons l’expérience de cette dimension. Même si, je l’avoue, mes connaissances en la matière sont rudimentaires, je souhaite évoquer ici Gaston Bachelard, philosophe et poète, dont les écrits nous fascinaient lorsque nous étions étudiants. « Bachelard, raconte Jean Guitton qui l’a bien connu, méditait sans arrêt sur le mystère du temps. Mais à la différence de Bergson, il s’intéressait à l’instant, et non pas à la durée. Il était passionné par ce qui, dans l’étoffe du temps, n’est pas la continuité mais la discontinuité (…) Et il est certain que le mystère du temps consiste à réconcilier ce flux, ce murmure constant, cette large et monotone durée qui parfois tourbillonne en tempête (…) avec les évènements, les découvertes soudaines, les moments ineffables”.

 

“Et peut-être, esquisse Jean Guitton au soir de sa vie, que l’instant a barre sur la durée, et que la durée ne fait jamais que déployer un éternel instant invisible ?»4

 

Il me semble que c’est bien de ces instants exceptionnels qu’il est question dans la Chanson pour l’Auvergnat5, texte splendide et pudique que Brassens écrivit à l’âge d’à peine trente ans, en se mettant lui-même en scène comme souvent : il y évoque des moments d’humanité partagée, aussi humbles qu’essentiels dans des circonstances où il s’est trouvé démuni, fragilisé. Avec cette économie de moyens qui signe les grands poètes, Brassens exprime que ces brèves mais décisives rencontres se détachent au final comme moments d’exception sur la toile de l’existence et refaçonnent le sens donné dans l’après-coup à l’entièreté du temps vécu.

 

Dans son livre « Mourir de dire : la honte », Boris Cyrulnik insiste sur le fait que ce qui fait mal, c’est moins l’événement lui-même que la représentation que l’on s’en fait. Et si on ne peut, bien sûr, faire en sorte que l’événement n’ait pas eu lieu, la représentation par contre peut évoluer. Je vous cite à ce propos, même s’il s’écarte un peu de notre sujet, un exemple particulièrement éloquent rapporté par l’auteur :

 

Une fillette italienne s’était pendant des années consumée de honte parce que son papa, carabiniero dans leur petit village lors de la seconde guerre, avait refusé d’obéir à ce que les soldats allemands lui imposaient sous la menace des armes, à savoir tirer sur des enfants innocents. Sous l’effet de la terreur, il s’était évanoui et ses sphincters avaient lâché. Quelle honte pour une petite fille, un papa qui souille son pantalon ! Quinze ans plus tard, la jeune fille étudie l’histoire, replace les choses dans leur contexte et comprend que son père est un héros6.

 

Tout au long de notre vie, les représentations peuvent être reconsidérées et remaniées : c’est, bien sûr, la tâche de toute thérapie véritable ; mais déjà, une seule rencontre vraiment importante peut avoir un tel effet.

 

S’agissant d’effets thérapeutiques, je souhaite évoquer ici l’expérience vécue par une quinzaine de psychiatres américains qui s’étaient connus à l’université, puis étaient partis dans des directions très différentes: psychanalyse, thérapie familiale, approche comportementale… Réunis à nouveau trente ans plus tard, ils s’étaient questionnés sur les facteurs qui, pour chacun d’eux, avaient été opérants dans certaines cures mémorables. Ils étaient tous tombés d’accord sur trois points : l’engagement d’abord, tant du patient que du soignant dans le processus thérapeutique ; la qualité du lien ; et enfin ce qu’ils appelèrent « le facteur alpha », à savoir un coup d’audace, à un moment donné, qui leur fit faire un saut sémantique : coup d’audace rendu possible, bien évidemment, parce que les deux premières conditions étaient remplies.

 

Dans son livre autobiographique, “Jours sans faim”7, Delphine de Vigan relate magnifiquement l’enfermement implacable dans une anorexie gravissime, puis la lente remontée vers la vie. Du jeune gastroentérologue qui l’a accompagnée dans cette traversée, elle n’hésite pas à dire : “Il m’a sauvé la vie”. Les interventions du médecin étaient audacieuses, insolites parfois, poétiques aussi lorsqu’il inventait des contes enfantins pour la rejoindre : autant de brèches qui, peu à peu, ont desserré l’emprise de la maladie, permis aux pulsions de vie de reprendre le dessus.

 

On voit bien qu’il ne s’agit là ni de paternalisme, ni d’un don unilatéral mais d’un espace de création partagée, où chacun met en jeu un bout de son essentiel, à partir de quoi peut surgir quelque chose de totalement inédit. De tels moments sont précieux, pas seulement pour le patient.

 

Une dame âgée gravement malade avait été transférée dans le service de soins palliatifs. De la maladie, il n’y avait plus rien à dire : tout avait été dit et la dame était lucide. Par contre, de musique, on pouvait encore parler ; et il n’était pas rare en fin de journée d’assister à un petit attroupement dans sa chambre : médecin, infirmières, bénévole…, tandis que la patiente, férue de musique contemporaine et toute animée malgré la fatigue, expliquait pourquoi il valait mieux aborder telle œuvre avant telle autre et en quoi telle interprétation était plus fidèle à la volonté du compositeur. Pas très classique comme traitement, pourrait-on objecter; et pourtant, ces moments n’avaient-ils pas, eux aussi, une valeur thérapeutique ? Un an plus tard, ses proches en restent convaincus.

 

Un temps pour le retour à soi

 

Disponibilité au patient, responsabilité dans la rencontre… : mais envers nous-mêmes aussi, nous avons une responsabilité ! Celle de prendre soin de nous, de nous réparer, nous régénérer de ce quotidien qui ne nous laisse pas indemnes.

 

Lorsque l’on évoque le temps pour le soignant à l’hôpital, on pense bien sûr au tempo ultra-rapide, à la pression, aux horaires surchargés ; on ne pense pas souvent à l’autre temps nécessaire, celui que si souvent on ne s’accorde pas, pour se reposer, retrouver de la fluidité et de la créativité.

 

Pourtant, c’est vraiment vital. Cette confrontation quotidienne à la souffrance, aux situations graves, à la charge de travail, aux demandes insatiables de certains patients ou de certaines familles, tout cela nous entame et nous use. Si nous ne nous soignons pas nous-mêmes, si nous ne veillons pas à la restauration de notre corps, de notre âme, de notre créativité, nous risquons de nous retrouver un jour épuisés et/ou dégoûtés.

 

Une terre de jardin, si elle n’est pas renourrie et laissée un peu en jachère, ne donnera plus rien.

 

Le Dr Edel Maex évoque souvent ce double écueil pour les soignants, dont très tôt dans sa pratique de psychiatre il a été conscient : fusionner avec les patients et leur vécu, avec, à terme, un burn out presque garanti ; ou au contraire s’isoler défensivement, devenir froid voire cynique.8

 

« Prendre soin de soi pour prendre soin des autres » : c’est le projet de « Soigner En Conscience », une association fondée il y a quelques années par un groupe de médecins9.

 

Les groupes Balint, de leur côté, soignent l’élaboration de l’expérience et le questionnement sur la pratique.

 

Le temps, du côté du soignant, c’est aussi se donner les moyens de durer ! Dans cette optique, le temps que l’on s’accorde n’est pas un luxe mais un devoir : condition nécessaire pour garder intactes voire développer la qualité de présence et la créativité.

 

Une amie psychologue qui travaillait en néonatologie me disait : « Quand je me surprends à soupirer à l’idée de rencontrer de nouveaux parents, quand je me dis qu’ils vont me raconter des choses que j’ai déjà entendues cent fois, c’est qu’il est vraiment temps que je prenne des congés ».

 

Comment se régénérer ? Je ne vais pas m’étendre ici sur le sujet, d’autres l’ont déjà fort bien fait. Je pense notamment à l’association Paroles d’Enfants et au beau documentaire réalisé par leur équipe : « Accompagner sans s’épuiser : grands principes et petites astuces contre le burn out »10.

 

Pas de recettes, mais des repères, fondamentaux et pétris de bon sens. Il y est question tout autant de moyens formels – réunions d’équipe, supervisions, importance du travail à plusieurs et du soin que l’on prend de ses collègues et de leurs interventions- que de moyens informels,moments pour soi que chaque soignant peut s’offrir s’il le décide : pour marcher, jardiner, méditer, pratiquer un instrument, un artisanat, un sport…

 

En ce qui me concerne, je tiens à dire ici ma reconnaissance envers mes collègues pour ce qui s’est éclairé pour moi grâce à elles, grâce à eux, tant au sein de réunions programmées que lors d’échanges informels. J’ai découvert aussi au fil des années la richesse et la fécondité d’une interdépendance dynamique entre professionnels de formation différente.

 

Je l’apprends chaque jour à l’hôpital : cette pluralité d’approches et de discours, lorsqu’on arrive à les faire coexister sans se confondre, permet de pressentir la richesse et la complexité de la vie humaine et de ses enjeux.

 

BIBLIOGRAPHIE

BRASSENS G., Chanson pour l’Auvergnat, écrite en 1951, parue en 1954 dans l’album Les sabots d’Hélène.

CRABBE C., Et dire qu’il faut se défaire de tout, in revue Ethica Clinica, Namur, décembre 2014.

CYRULNIK B., Mourir de dire – La honte, Paris, Odile Jacob, 2010

DE VIGAN D., Jours sans faim, première parution sous le pseudonyme de DELVIG L, Paris, Grasset, 2001.

GUITTON J., Un siècle, une vie », Paris, Laffont, 1988.

MAEX E, Minfulness : apprivoiser le stress par la pleine conscience, Paris, Louvain La Neuve (LLN), De Boeck, 2011.

SEMPRUN J., L’écriture ou la vie, 1194, Folio

Accompagner sans s’épuiser, DVD documentaire réalisé pour l’association Parole d’Enfants ASBL, Liège, 2014.

ASBL Soigner en conscience – prendre soin de soi pour prendre soin des autres.

Laissez nous faire une médecine qui a du sens ….

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En moins de 5 ans, si j’additionne toutes les modifications, suppressions on arrive bientôt au résultat que ce dessin exprime malheuresement magnifiquement.

La médecine demande du temps
La médecine demande de l’empathie
la médecine demande des connaissances
la médecine demande une expertise
la médecine demande de l’écoute
la médecine demande de la présence
la médecine demande de la réflexion
la médecine demande une interaction de qualité entre les différents intervenants.
La médecine demande de la douceur, de la délicatesse.
La médecine demande de prendre en considération la réalité sociale et familiale des patients.
la médecine à un coût et nous en avons conscience. Il y’a des améliorations à faire mais certainement pas dans la qualité de la relation.
Si les gens se détournent de la médecine conventionnelle c’est parce qu’il manque parfois quelque chose d’essentiel : le bon sens, la simplicité.

Permettez-nous de faire une médecine qui a du sens et les patients seront mieux soignés et nous ferons moins de burn-out.
Dr Jean-Marc Desmet
www.soigner-en-conscience.be

Réparez les vivants + formulaire dons d’organes

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Comment  faire  acter  sa  volonté  quant  au prélèvement  de  ses  organes ?

En Belgique, toute personne peut faire acter au Registre National son opposition ou son accord quant au prélèvement de ses organes après son décès.

En dépit du consentement présumé institué par la loi, si vous êtes d’accord avec le prélèvement de vos organes après votre décès, il est important de le faire acter au Registre National.

Cette déclaration supprime l’ambiguïté inhérente à la situation des candidats donneurs qui n’ont pas fait acter une opposition au Registre national. En effet, dans ce cas, le médecin doit s’informer de l’existence éventuelle d’une opposition exprimée d’une autre manière par le candidat-donneur. C’est très probablement auprès des proches de ce dernier que le médecin sera amené à s’informer, ce qui risque de placer ceux-ci dans une situation difficile à un moment particulièrement pénible.

L’enregistrement de l’opposition ou de l’accord au Registre national s’effectue sur base d’un formulaire que vous pouvez téléchargez ici formulairedonsorganes .

Après l’avoir rempli, il vous restera à le remettre à votre administration communale qui se chargera de la procédure d’enregistrement.

L’essentiel de Steve Jobs peu avant sa mort.

Dans les derniers jours de sa vie, Steve Jobs nous rappelle l’essentiel : 

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« Je suis un homme qui a eu beaucoup de succès en affaires. Ma vie a d’ailleurs été un symbole de réussite pour beaucoup de personnes. Mais en réalité, je n’ai eu que peu de réjouissances en dehors de mon travail. Et toute la richesse que j’ai pu accumuler est devenue banale… une chose à laquelle j’ai fini par m’habituer.

Mais maintenant que je vis mes derniers jours et que je fais face à ma propre mort, je me rends compte à quel point toutes ces richesses et tous ces succès, objets de fierté, sont futiles et insignifiants.

 

Lorsqu’il fait nuit, je suis hypnotisé par les lumières vertes de l’équipement de respiration artificielle. Et en entendant les différents sons mécaniques émis par cet appareil, je sens que la mort est très proche de moi et qu’elle m’attend au tournant.

Et ce n’est que maintenant que je suis allongé sur ce lit de l’hôpital, que je comprends qu’après avoir accumulé assez d’argent, il faut poursuivre d’autres objectifs et se créer des rêves qui n’ont rien à voir avec l’argent. D’autres choses sont plus importantes comme les histoires d’amour, nos rêves d’enfants et l’art…

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Je ne peux pas emmener avec moi toute cette richesse accumulée et toutes les illusions créées par la célébrité. Tout ce que je peux emporter avec moi, c’est tous ces souvenirs chargés d’amour et tendresse, car c’est ainsi que Dieu nous a faits. Il nous a façonnés pour qu’on puisse ressentir de l’amour et le voir en chacun d’entre nous. Et c’est cette richesse qui reste et qui nous donne la force de persévérer et d’aller de l’avant. 

L’amour n’a pas de limites, il peut transcender la distance et le temps. Où que vous alliez, faites de votre mieux pour atteindre vos objectifs car tout est dans votre cœur et entre vos mains.

Aujourd’hui, j’ai enfin réalisé que le lit le plus cher au monde est celui de l’hôpital. Quand vous avez de l’argent, vous pouvez engager un chauffeur pour lui confier le volant de votre voiture. La maladie, elle, dépasse ces basses considérations et personne ne pourra vous sauver de son emprise ou la subir à votre place.

Si vous perdez des choses matérielles, vous pourrez toujours les récupérer. Mais si vous perdez votre vie, les jeux sont faits et votre existence n’a plus lieu d’être.

Peu importe l’âge ou les circonstances. Un jour, nous serons tous contraints d’affronter la mort. Alors ne perdez plus de temps, chérissez votre famille et vos proches. Donnez votre amour et votre tendresse à votre mari, à votre femme, vos amis…

Que chacun agisse avec amour et qu’il aide son prochain du mieux qu’il peut. »

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Bonne année 2016 !!  Capture d’écran 2015-12-08 à 23.21.52

 

Bernard Giraudeau évoque sa relation au cancer

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cliquez sur l’image 😉

Je vous partage le post de Marie-Paule Meert qui présente cette magnifique intervention de Bernard Giraudeau.

Marie-Paule est une femme de conviction, colonne vertébrale avec le Dr Anne-Pascale Shilling d’un projet magnifique que nous soutenons avec beaucoup d’enthousiasme. découvrez-le http://www.lavielaottignies.org/

 » Quelle inspiration! J’ai un très grand respect pour Bernard Giraudeau à qui je pense tous le jours et qui exprimait avec tant de justesse et de finesse ce que ressentent les personnes qui sont concernées par le cancer. Et ceux qui les entourent.

La grande question: comment parler de sa maladie? L’importance de sortir de l’isolement.  » Marie Paule Meert

Jean-Marc Desmet

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Médecine : changement de paradigme

    La rationalité moderne, l’approche patriarcale et le capitalisme industriel ne sont plus capables de répondre ni au problème de notre survie, ni aux problèmes sociaux et démographiques. Le changement de civilisation qui en découle touche aux aspects les plus profonds de nos vies (relation homme-femme, la sacré, le statut de la raison et de la science, la conscience du temps, de l’espace, du bonheur, etc.). En même temps, c’est l’architecture souterraine de la manière de vivre « moderne » qui est en crise.

 

 


 

 

REGARDEZ la VIDEO ICI

 


 

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Nous avons plaisir de proposer une soirée-rencontre exceptionnelle le mardi 13 octobre aux soignants ( réservé aux médecins, infirmiers,psychologues, kinésithérapeutes ou en formation )  

 

Qui est Marc Luyckx Ghisi ? Il est né en 1942 à Louvain en Belgique. Après une formation initiale en mathématiques, et en philosophie, il obtint une licence en théologie latine et ensuite un doctorat en théologie et philosophie Russe et Grecque. Il a vécu et enseigné en Italie, Brésil, Etats-Unis, et à Bruxelles. De 1990 à 1999, il a été membre de la « Cellule de Prospective » de la Commission européenne au service des présidents Jacques Delors et Jacques Santer. Il est actuellement : Vice Président de la « COTRUGLI Business School » à Zagreb, et Belgrade. Membre de l’« Auroville International Advisory Council » en Inde du Sud. (Pondichery) Professeur à Rouen ESC (Ecole supérieure de Commerce).

 

Nous lançons les inscriptions depuis 3 jours. Il n’y a que 50 places aussi nous validerons les inscriptions sur base du paiement de 10 euros au compte de l’asbl avec le nom + 13 octobre en mention compte Triodos BE78523080559686 www.soigner-en-conscience.be     Cliquez sur la photo pour voir l’interview que nous avons réalisé en vue de la soirée :

 

 

 

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N’oubliez pas de vous inscrire !!  

Médecine intégrative : Rendez vous au centre Deepak Chopra ( Interview

Dr Sheila Patel : Médecin et directrice du centre Chopra, en Californie

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Après des études de médecine, puis une pratique de médecin urgentiste et médecin de famille dans différents lieux dont l’Alaska, Sheila décide ,à un moment de son parcours professionnel où la quête de sens se fait sentir, de penser la médecine autrement.
Et elle découvre la médecine intégrative…
Suivons cette femme inspirante.
Qu’est-ce que la Santé Intégrative?
Par Dr Nathalie Geetha Babouraj

www.institutdesanteintégrative.com

1er épisode:

Comment votre chemin vous a-t-il amené à découvrir la médecine intégrative ?

Les journées du pardon

Bonjour,

Nous vous présentons ici les journées du pardon une initiative pensée et organisée par Olivier Clerc, un intervenant à un de nos weekend. Il nous parlera dans une prochaine vidéo du lien qu’il y a entre le pardon et la santé.

Découvrez déjà la première partie et n’hésitez pas à faire connaître le projet

https://www.youtube.com/watch?v=IlDrbQfz688

Thomas d’Ansembourg : sa (R)évolution

  https://www.youtube.com/watch?v=gWLoMcVoHaU#t=13       Thomas d’Ansembourg a exercé la profession d’avocat. Parallèlement, il s’est engagé comme bénévole dans une association d’aide concrète aux jeunes qui connaissent des problèmes de délinquance, violence, prostitution et dépendances de toutes sortes.   Par cette double approche, juridique et sociale, il s’est impliqué dans la gestion des conflits et la recherche de sens. Dans le souhait de comprendre la difficulté d’être en général et particulièrement la violence, Thomas a entrepris une psychothérapie. Il découvre alors la liberté de prendre du champ sur l’inconscient et mesure qu’il aurait pu passer sa vie, se croyant libre, alors qu’il était pris au piège de ses conditionnements éducatifs, habitudes de pensée et systèmes de croyances.   Il décide de devenir lui-même psychothérapeute pour partager ces prises de consciences et accompagner d’autres personnes dans les processus d’ouverture de cœur et de conscience. Il se forme à différentes approches, et particulièrement à la méthode de la Communication NonViolente (CNV) avec son fondateur Marshall Rosenberg. Nous avions à cœur de vous présenter le travail de Thomas, qui nous semble être une des clés pour entamer sa (R)évolution intérieure. découvrez la fondation Colibri créée par Pierre Rahbi http://www.colibris-lemouvement.org/colibris

Comment se débarrasser d’une mauvaise habitude ?

 

Permettez moi de vous partagez un texte de Krishnamurti, philosophe d’origine indienne, sur le changement des habitudes 

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Le procédé s’applique au fardeau si lourd des mauvaises habitudes en général à taxer sans honte de vicieuses, telles que la colère, l’alcoolisme, l’usage des drogues ou les perversions sexuelles…
« Ne luttez pas pour vous en débarrasser…
La lutte que l’on entreprend contre les habitudes ne fait en général que les renforcer.
Comprenez tout le problème des habitudes mentales, émotionnelles et physiques.
L’habitude est un état d »irréflexion et lutter contre l’irréflexion par une volonté aveugle est vain et stupide.
Mais on peut comprendre le développement des habitudes grâce à une perception constante des routines de l’esprit et des conséquences qu’elles entraînent habituellement dans l’émotion.
Lorsqu’on découvre les voies profondes de l’habitude, ses conséquences superficielles tombent. Si l’on ne comprend pas les causes les plus profondes de l’habitude, supposer que l’on soit capable de dominer celle de fumer ou n’importe quelle autre, ne vous empêchera pas de continuer à être irréfléchis, vides, le jouet des circonstances extérieures.

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La perte d’une habitude sera la conséquence naturelle de la réflexion si la sensibilité est maintenue.
Cette sensibilité est émoussée et durcie par la lutte constante des désirs opposés. Donc, si vous désirez fumez, faites-le, mais soyez intensément conscient de toutes les implications de l’habitude, de l’irréflexion, de l’esclavage, de la solitude, de la peur, etc.
Ne luttez pas contre une habitude, mais soyez conscient de sa pleine signification. »
‘Krishnamurti parle’, opus cité, p. 32 – 33.

 

 

C’est quoi le bonheur pour vous Thierry Janssen ?

Étant toujours en retraite (jusqu’au mois d’août 2015), le docteur Thierry Janssen reçu la visite de Julien Peron, un garçon qui parcoure le monde pour interroger un tas de gens à propos de leur vision du bonheur (et plus largement de la vie), dans le cadre d’un film qu’il réalise sur le sujet.

 

Découvrez le site de l’École de la Présence thérapeutique  www.edlpt.com

 

La répartition du bonheur 50 – 40 – 10 % par Frédéric Lenoir

Prenez 15 minutes pour écouter ce que dit  Frédéric Lenoir sur le « Bonheur » par un extrait de l’entrevue à Tout le monde en parle . C’est limpide et très agréable à écouter !

 

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Philosophe, sociologue et historien des religions. Docteur et chercheur associé de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS).

Depuis septembre 2009, il produit et anime une émission hebdomadaire consacrée à la spiritualité sur France Culture : Les Racines du ciel.

Ecrivain. Auteur d’une quarantaine d’ouvrages (essais, romans, contes, encyclopédies), traduits dans une vingtaine de langues et vendus à quatre millions d’exemplaires, il écrit aussi pour le théâtre, le cinéma et la bande dessinée.

 

https://www.facebook.com/video.php?v=10153026456797221&pnref=story

 

Version via Youtube ( moins bonne qualité)

https://www.youtube.com/watch?v=KmMEBNGFSyE

La lucidité avec Illios Kotsou

Illios Kotsou, intervient sur les thèmes de l’intelligence émotionnelle, du bonheur, du changement et de la pleine conscience (Université de Savoie, Louvain School of Management). Formé à l’approche de Palo Alto et à la mindfulness (MBSR et MBCT), il a travaillé pendant plus de quinze ans en tant qu’expert et formateur dans le domaine de la gestion des situations difficiles (notamment pour Médecins sans Frontières) et a été chercheur pendant quatre ans à la Faculté de psychologie de l’UCL. Doctorant à l’Ulb, il s’intéresse de près aux interactions entre la science fondamentale et la mise en pratique.

« Eloge de la lucidité » chez Robert Laffont 2014

LECTURES
Sénèque, De la vie heureuse, dans Les Stoïciens, trad. Bréhier, Gallimard, 1962, p. 723-724
Pascal, Pensées (Lafuma 148, Brunscvicg 425), « Prière pour demander à Dieu le bon usage des maladies », dans Oeuvres complètes, Seuil, p.519-520.